Emplacement
Datation
Type d'objet
Matériaux
Techniques
Lieu de création
Dimensions
hauteur 48 cm — largeur 202.5 cm (panneau 2)
hauteur 47.5 cm — largeur 202 cm (panneau 3)
hauteur 47.5 cm — largeur 201.5 cm (panneau 4)
hauteur 45.5 cm — largeur 200.5 cm (panneau 5)
hauteur 47.5 cm — largeur 199 cm (panneau 6)
Numéro d'inventaire
Identifiant Urban
Description
En 2026, le Musée de la Ville de Bruxelles a pu, pour la
première fois depuis bien longtemps, ajouter une nouvelle broderie à sa
collection. Grâce au généreux don du Centre de Réhabilitation psychosociale et
d’Intégration au Travail (CRIT) de l’asbl L’Equipe, 2020, une épopée brodée a
rejoint la collection. Cette broderie monumentale représente l’année 2020,
associée à jamais au Covid et figure les nombreuses façons dont notre société y
a fait face.
Cette œuvre collective évoque une année de confinement et
souvent de grande solitude. Pour beaucoup, il y a un avant et un après le
virus. Ce fut le moment d’expériences inédites : les masques sanitaires, les
tests Covid et les vaccins, après des mois de fermeture des cafés et des
restaurants, la distanciation sociale, les adieux solitaires à celles et ceux
qui sont décédés… La broderie rappelle, entre autres, la nuit insouciante du
Nouvel An, le 1er janvier 2020, les camions militaires qui évacuaient les défunts
en Italie, la pause interdite sur un banc dans le parc et le printemps
exceptionnellement ensoleillé. Certaines scènes sont universelles, d’autres
nous raccrochent plus directement à Bruxelles.
Entre 2020 et 2024, une cinquantaine de personnes ont
travaillé à cette broderie. Les six pans ont permis de collaborer tout en
respectant les règles de distanciation. Chacun poursuivait ce que l’autre avait
commencé, créant ainsi une véritable œuvre d’art collective. Cela a donné lieu
à cette interprétation à la fois commune et profondément personnelle d’une
année mouvementée.
janvier-février
L’année commence insouciante alors que le virus se propage
caché encore entre les flocons de neige. Ce qui est sous les yeux de tout le
monde, ce sont les violents incendies en Australie. Mais on fait quand même la
fête. La Chine, première touchée par l’épidémie, fait construire un hôpital en
moins d’un mois. En Italie des véhicules militaires sillonnent les routes pour
transporter les personnes ayant succombé aux complications du mystérieux
nouveau virus. Le ciel se vide peu à peu des avions, de leur chemtrails et de
leur bruit assourdissant pour laisser la place aux oiseaux. La nature reprend
ses droits et des tortues déposent leurs œufs sur une plage en Thaïlande. La
majorité des gens est dans le déni face à la COVID. Tels l’autruche, nombreux
sont ceux qui cachent leurs têtes sous le sable.
mars-avril
Se voiler la face, d’abord parce qu’on y croit pas, plus
tard pour se protéger avec des masques. Les yeux, on ne voit plus que ça du
visage des autres. Les autres qui nous scrutent, le contrôle social s’installe.
Un kayakiste se fait sortir manu militari de l'étang du Bois de La Cambre: il
manifestait pour la régularisation des sans-papiers. Bientôt la pénurie de
matériel médical et de papier toilette. Un renard est aperçu à Anderlecht.
Tandis que la nature fleurit, tout le monde doit s’isoler chez soi. On affiche
aux fenêtres son soutien aux travailleurs essentiels avec des messages ou en
applaudissant à 20h. Bien que le CRIT soit fermé, les liens demeurent, malgré
tout. La culture est en cage et les gens sont eux-aussi confinés! On en profite
alors pour sortir promener les chiens… Ce qui était auparavant une corvée
devient un prétexte pour rallonger le temps de promenade dans les rues calmes
sous un ciel radieux peuplé d’oiseaux.
mai-juin
Chacun · e chez soi, même pour qui est dépourvu · e d’un
toit… Et c’est parti pour la boulangerie fait-maison! Entretemps, l’industrie
et l’économie mondiale ne s'arrêtent pas. “Prenez soin de vous!” se retrouve
sur toutes les lèvres. On apprend à tousser dans le coude, à se faire tester
et, en cas de test positif, à contacter toutes les personnes avec qui l’on est
entré·e en contact. La phase 3 du lockdown prend fin le 8 juin 2020. Le CRIT
rouvre. On peut retourner à une vie sociale mais sous certaines conditions: il
faut garder les distances de sécurité, continuer de porter les masques buccaux
et se faire tester. Les écouvillons se font un chemin dans nos narines et dans
notre vocabulaire. Le dérèglement climatique s’accentue et les glaces fondent
comme si elles étaient dans un micro-onde.
juillet-août
Chacun·e se retrouve isolé·e dans sa bulle. Au vu des
règlements qui demeurent intransigeants, est-ce que la situation a bien été
gérée selon vous? Selon certain·es, le gouvernement pourrait gagner le 1er Prix
de la Bêtise Humaine. Une violente bagarre entre jeunes éclate à Blankenberge,
alors qu’au bord d’une autre mer, une explosion au port de Beyrouth cause des
dégâts majeurs et emporte des milliers de vies. Tempêtes et ouragans traversent
l’Atlantique du Nord et ravagent l’Europe et l’Amérique tandis que des
batailles d’écouvillons ont lieu dans nos nez. On n’a qu’une seule envie:
voyager. Mais la deuxième vague submerge l’Europe et il faut tenir compte des
codes couleurs signalant le degré de danger et les mesures des différents pays.
On organise des lockdown party qui sont réprimées par la police. La fonte des
glaces est inarrêtable, les antennes 5G poussent telles des champignons et les
abeilles essayent de continuer leur travail de pollinisation.
septembre-octobre
L’humanité consomme les ressources de la terre comme l’on
croque dans une pomme viciée par la Covid. Le commerce continue de polluer et
personne ne sait arrêter les incendies. On s’interroge sur le monde d’après:
quelle place donner aux énergies renouvelables? Mais l’attention reste
concentrée sur la propagation du virus. Les autotests deviennent à la mode. On
adopte la fâcheuse habitude de distribuer des cadeaux empoisonnés à nos
personnes de contact. Le sans-contact s’impose, surtout pour les paiements! Un
deuxième confinement sonne le glas d’une légère insouciance retrouvée. C’est le
retour du couvre-feu et l’arrivée de la surveillance par drone.
novembre-décembre
Les bulles, est-ce qu’elles tiennent ou explosent? Entre
télétravail et téléconsultation, la solitude et l’isolement commencent à peser
sur nos vies! Une femme enceinte porte sa grossesse à terme dans les murs
domestiques. On se prépare pour un triste Noël, la Covid à la fenêtre. Ça
représente quoi d'attendre un enfant en cette période? Visages masqués, mains
devant la bouche, la propagation des miasmes se poursuit malgré tout.
Toutefois, c’est le début des vaccins pour les trois variants qui ont été détectés.
La déforestation continue sa marche. Les loups font parler d’eux en France.
Pourtant, dans tout ça, il y a encore de la poésie: le 14 décembre 2020, il a
neigé dans le désert du Taklamakan, le deuxième plus grand désert mobile au
monde (la Chine encore elle, tiens!). La mer de sable se transforme en mer de
neige.
Le travail de cinquante participants et participantes aux ateliers du CRIT, avec l’accompagnement de Charlotte Stuby, Laure Forêt, Sofia Corte Real et Valérie Vankrinkelen.
[Don ASBL l’Equipe - Centre de Réadaptation psycho-sociale et d’Intégration au Travail (CRIT)]
Discussion


![Photo Camion attelé du commerce de charbon G. Devis & fils (Molenbeek-Saint-Jean), photogr. anon., s.d. [vers 1910].<br>](https://collections.heritage.brussels/medias/66/objects/77/P1_2022.079.jpg)








































