Datation

1902 (circa)

Type d'objet

Style

romantisme

Inscriptions

"Wettrens" (en bas à droite (n° 138 et 141))
"Wettrens" (en bas à gauche (n° 139, 140 et 143))

Dimensions

hauteur 36 cm — largeur 26 cm

Numéro d'inventaire

138 / 139 / 140 / 141 / 143

Identifiant Urban

76605
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Description

Cet ensemble faisait partie d’un album comprenant douze vues du Vieux Schaerbeek. Il faut aujourd’hui reconnaître la clairvoyance d’Ernest Wettrens lorsqu’il réalisa ces vues de l’ancien village dont il ne resterait bientôt plus aucune trace dans le tissu urbain schaerbeekois naissant.

C’est en ce sens qu’en date du 22 octobre 1902, l'artiste adressait une première lettre à Achille Huart Hamoir, futur bourgmestre de Schaerbeek alors échevin des Beaux-Arts de la commune, afin de lui soumettre son album : « […] Je prends la respectueuse liberté de vous adresser avec la présente un album d’aquarelles, reproduisant les sites pittoresques du vieux Schaerbeek, appelés à disparaître bientôt. J’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de vendre cet album mais, par un sentiment d’amour propre d’artiste, je voudrais voir mon album acquis par la commune. Ce serait pour elle un document très utile dans le cas où elle se déciderait un jour à faire exécuter des peintures murales ou des tableaux destinés à orner les salles de l’Hôtel Communal et rappelant les vieux sites pittoresques du vieux Schaerbeek comme l’a fait jadis la Commune de Bruxelles à propos du voûtement de la Senne. Au lieu de froides photographies ne donnant aucune idée de la couleur et ayant toujours des perspectives exagérées, l’artiste que la Commune chargerait de ce travail trouverait dans cet album des documents exacts et sincères […] ».

Ernest Wettrens demandait initialement la somme de 600 francs pour son album. Le Collège communal demanda l’avis de la Commission de Musée communal, qui recommanda l’acquisition de la série, insistant sur l’intérêt documentaire des vues. Toutefois, on ne sait pour quelle raison, le Collège ignora l’avis de la commission et rejeta la proposition d’acquisition. Début juillet 1903, on informa Wettrens du refus et on le pria de reprendre son album, ce qu’il ne fit pas. L’aquarelliste persévéra au contraire dans sa démarche. Dans une lettre datée du 7 juillet 1903, Wettrens, qui se dit stupéfait, propose de réduire ses prétentions en se contentant de 300 francs, somme qu’il compare aux « 50 mille francs » payés pour les tableaux réalisés par Jean-Baptiste Van Moer pour l’hôtel de ville de Bruxelles. Rien n’y fit et le Collège maintint son refus. Cependant, dans le courant de ce même mois de juillet, plusieurs expertises furent adressées au bourgmestre, lui recommandant l’acquisition de l’album, parmi lesquelles celles des peintres Henry Stacquet (1838-1906) et Louis Titz (1859-1932). Celles-ci semblent avoir provoqué le revirement de l’administration communale puisque l’achat des douze aquarelles fut finalement décidé par le Collège en séance du 24 juillet 1903 pour la somme de 300 francs.

La vue inv. n°138 montre l’ancienne rue Teniers – son tracé était en grande partie compris dans le périmètre de l’actuelle avenue Louis Bertrand – en direction du parvis de l’ancienne église Saint-Servais. dont on aperçoit le clocher et qui fut démolie en 1905. Une photographie ancienne conservée dans les collections communales offre sensiblement le même point de vue. La rue pavée est bordée, à droite, de bâtiments ruraux accolés les uns aux autres et, à gauche, d’un long mur en maçonnerie.
La vue inv. n° 139 montre le croisement de la Montagne des Cailloux avec la rue de Jérusalem, comme on peut le voir dans une carte postale ancienne offrant sensiblement le même point de vue que l’aquarelle. La Montagne des Cailloux au premier plan, voirie aujourd’hui disparue (actuel emplacement de la Résidence Brusilia), se prolonge à l’arrière-plan par la rue des Crapauds (actuelle rue Teniers), en direction de l’ancienne église Saint-Servais, qui fut démolie en 1905 et dont on aperçoit le chevet au loin dans la carte postale. À gauche, la rue pavée est bordée de quelques bâtiments agricoles, tandis qu’à droite, on aperçoit une maison en brique rouge et pierre bleue, ainsi qu’une palissade de bois présentant une ouverture au-dessus de laquelle un écriteau: AU NOUVEAU / CHATEAU ROSE / ENTRÉE DU JARDIN.
La vue inv. n° 140 montre la rue des Génisses, aujourd’hui disparue, comme on peut le voir dans deux photographies anciennes des collections communales offrant sensiblement le même point de vue. La rue est bordée, à droite, de maisonnettes rurales et, à gauche, de terrains non bâtis fermés par des palissades. À l’arrière-plan, on aperçoit le chevet de l’ancienne église Saint-Servais, démolie en 1905.
La vue inv. n°141 montre un chemin, Minneborreweg, menant à l’ancien village, dont on aperçoit les premières maisons à flanc de colline, à droite. À gauche, un ruisseau indique que l’on se situe vers le fond de la vallée du Josaphat.
La vue inv. n°143 montre l’arrière des maisonnettes jadis situées dans la rue des Génisses, aujourd’hui disparue, comme on peut le voir dans une photographie ancienne des collections communales offrant sensiblement le même point de vue (cf. illustration). À l’arrière-plan, on aperçoit le chevet de l’ancienne église Saint-Servais, démolie en 1905.

Auteur : Association du Patrimoine artistique, A. Dimov, 2021

Sources

Archives communales de Schaerbeek, Patrimoine artistique, XIII.A.02.S01.D033

Crédits

Discussion