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Eglise Saints-Jean-et-Etienne aux Minimes

Histoire de l'institution

L’ordre des Minimes a été créé pendant la Contre-Réforme. Son but était l’enseignement. Il reçut du magistrat l’autorisation de se fixer dans la ville en 1616. Il y acquit la maison du célèbre médecin André Vésale. C’est l’infante Isabelle qui posa la première pierre du couvent en 1621. L’archiduchesse fit même ériger en cette même année, près de l’église, une chapelle reproduisant la Sainte-Maison de Lorette. Celle-ci fut démolie à la révolution française et fut reconstruite dans sa forme actuelle en 1819.

Pour l’église actuelle, il a fallu attendre le prince électeur de Bavière, Maximilien-Emmanuel, qui sacrifia au même rite en 1700. Achevé en 1715, l’édifice ne compte qu’une seule tour au sud. Sa tour nord, pourtant prévue en façade, n’a jamais été réalisée.

L’ordre des Minimes fut d’abord supprimé par Joseph II de 1787 à 1790, puis il fut aboli en 1796 sous le régime français. Rouvert en 1806 après restauration et devenu entre-temps église paroissiale consacrée aux saints Jean et Étienne, l’édifice fit l’objet de restaurations successives au XIXe siècle. Les noms de Tilman François Suys et de l’architecte communal Pierre-Victor Jamaer y sont attachés. Hélas, du couvent il ne reste rien, les bâtiments ayant été rasés en 1920. L’église est un exemple de la transition qui s’est opérée au début du XVIIIe siècle entre le style baroque et le classicisme. Ni vraiment croix latine, ni tout à fait de plan centré, l’église adopte une forme curieuse : le carré central est précédé, à l’ouest, d’une travée et d’un avant-corps en façade. Cette dernière est traitée en ordre colossal avec ses énormes colonnes et pilastres d’angle s’achevant par d’imposants chapiteaux composites soutenant l’entablement massif couronné au centre d’un fronton courbe.

À l’intérieur, le regard est d’abord attiré par la coupole à nervures surmontée d’un lanterneau qui repose sur quatre piliers par l’intermédiaire de pendentifs en bois stuqué. Les enduits contribuent à donner une impression d’unité à l’ensemble.


Contenu de la collection

Le mobilier, la statuaire et les pièces d’orfèvrerie, principalement du XVIIIe siècle, et surtout de superbes orgues de 1680 – témoins de la transition entre la Renaissance et le baroque brabançon et restaurés en 2003 –, font tout l’agrément de cette église qui se trouve régulièrement une seconde vocation en tant que salle de concert de musique classique et baroque.

Les archives de la paroisse conservent le Livre de la Confrérie de Notre-Dame de Lorette, extraordinaire et précieux témoignage de la dévotion de la part des habitants du quartier, des Bruxellois, mais aussi de personnalités nationales et internationales dont les deux premières reines des Belges, les princes de Tour et Taxis ou de Mérode… Ce manuscrit est illustré de nombreuses enluminures, réalisées entre 1691 et 1821, dont plusieurs sont signées par artistes peu connu du paysage artistique bruxellois : Charles Baillieux et D.M. Le Clercq principalement, mais aussi Jean-Baptiste Goets, G.G. Marchand et Franc Van Boechout.

Les trois orgues sont repris à l’inventaire des orgues de la Région de Bruxelles-Capitale : un orgue de tribune baroque et moderne (Noelmans, 1681 / Volder, 1833 / Vermeersch, 1853 / Schumacher, 2004) ; un orgue positif mobile privé (Schumacher, 1982) et un orgue romantique de tribune (Schumacher, 2000).

Une mission d'inventaire photographique menée par l'IRPA à la demande d'Urban.brussels en 2023 a permis de mettre à jour l'inventaire précédemment dressé.

Infos pratiques

Rue des Minimes 62 - 1000 Bruxelles
02 511 36 65
https://www.fssp.be/

Sur monument.heritage.brussels

Retrouvez Eglise Saints-Jean-et-Etienne aux Minimes sur
l'inventaire du patrimoine architectural.