Eglise Saint-Antoine de Padoue
Histoire de l'institution
La paroisse Saint-Antoine de Padoue à Etterbeek est née au tournant du XXe siècle, dans un quartier en pleine expansion urbaine. En 1901, un arrêté royal officialise la création d’une nouvelle paroisse, destinée à desservir cette zone entre la ligne de chemin de fer du Luxembourg et la chaussée de Wavre. Le terrain, offert gracieusement par un certain monsieur Beckers, se situe à un point culminant de la commune, au sommet de l’avenue Jules Malou. Dès 1902, une première chapelle y est érigée pour les militaires et les quelques commerçants du quartier, tenue par les Religieux du Très-Saint-Sacrement et les Pères du Sacré-Cœur. L’abbé Georges Van Lil en est le premier curé, assisté du vicaire Benoît Cornet de Peissant.
La construction d’une église plus ambitieuse est confiée aux architectes Edmond Serneels et Georges Cochaux. En 1904, Serneels présente un nouveau projet plus sobre, utilisant les moellons bleus de Namêche, avec un devis s’élevant à plus de 488 000 francs, une somme énorme pour l’époque. Faute de moyens, seuls le chœur, la sacristie et trois travées de la nef sont réalisés en 1906. L’église est inaugurée le 26 novembre 1906 par le cardinal Mercier, mais reste inachevée pendant près de trente ans. Ce n’est qu’en 1930, à la suite d'une mobilisation des paroissiens, que le chantier reprend : construction des trois dernières travées, du clocher, de la tribune d’orgue, du baptistère et du portail monumental face à l’avenue Jules Malou. Le chantier s’achève en 1935. L’édifice connaît ensuite plusieurs campagnes d’aménagements et de restaurations, notamment entre 1964 et 1967, à la suite des réformes liturgiques, puis dans les années 1990 avec une importante restauration des toitures et des parements. En 2004, l’église est classée comme monument par la Région de Bruxelles-Capitale.
L’église Saint-Antoine de Padoue.
L’église Saint-Antoine de Padoue est un remarquable exemple d’architecture néo-gothique inspirée du gothique de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècle. Elle présente un plan allongé sans transept, avec une nef principale rythmée par sept travées, deux collatéraux et un chœur de deux travées à chevet plat. Cette disposition confère à l’édifice une grande sobriété et une clarté spatiale, renforcées par la rigueur de ses proportions. L’ensemble témoigne d’un mélange harmonieux entre savoir-faire traditionnel et techniques modernes (voûtes légères en terre cuite posées sur fer).
La façade principale, au nord, vers l’avenue Jules Malou, est précédée par un escalier monumental. Elle est dominée par une tour-clocher carrée surmontée d’une flèche et de quatre clochetons, et est flanquée à gauche d’une tourelle d’escalier cylindrique sous toiture conique. Ces deux éléments sont reliés par une galerie à balustrade sculptée, conférant à la façade une forte dimension scénographique. À l’intérieur, la nef est voûtée en berceau brisé et lambrissée. Elle est éclairée par des baies en triplets ogivaux dans les collatéraux et des baies cintrées trigéminées en fenêtres hautes. Le portail d’entrée, composé d’une triple porte sous arc brisé et d’un tympan vitré, s’insère avec force dans cette composition symétrique en apparence, mais subtilement asymétrique dans le détail, typique du style de Serneels. Il est surmonté d’une tribune d’orgue ornée d’une balustrade sculptée en pierre.
La collection
L’église Saint-Antoine conserve un patrimoine artistique et mobilier d’une grande richesse, issu pour l’essentiel des années 1920 à 1960. Les vitraux, répartis dans le chœur, la nef et les bas-côtés, constituent en outre l’un des ensembles les plus précieux. Son orgue de tribune, construit en 1916 par Jean-Émile Kerkhoff, est un instrument néo-gothique classé, représentatif de l’esthétique sonore et visuelle de l’époque (Orgue de tribune néogothique (Kerkhoff, 1916) - Eglise Saint-Antoine - Orgues en Région de Bruxelles-Capitale).
À l’intérieur, les piliers du chœur sont ornés de statues de saints. Le chœur a abrité à l’origine un autel en marbre avec ciborium en chêne, conçu par Edmond Serneels en 1923. Le chœur a été transformé en 1964 sur les plans de l’architecte Dom Grégoire Watelet, directeur de l’École des Métiers d’Art de Maredsous. Un vitrail historié, réalisé par Édouard Steyaert en 1927, orne la triple lancette gothique du chevet.
Les huit vitraux des nefs latérales sont l’œuvre du maître-verrier Colpaert. Les deux vitraux du baptistère, datés de 1950 et représentant Moïse frappant le rocher et le Baptême du Christ, ont été dessinés par Margot Weemaes. Un chemin de croix peint sur toile a été installé en 1935, œuvre du peintre Jos Desmedt. Un retable néo-gothique en bois est installé dans l’ancienne chapelle baptismale, à gauche de l’entrée. Si la plupart des éléments s’inscrivent dans le mouvement artistique néogothique, assurant ainsi l’unité de style avec l’architecture du bâtiment, une partie du mobilier reflète davantage l’esthétique Art déco des années 30-40. Plusieurs vitraux figuratifs, ainsi que des œuvres modernes (chapelle de 1964), témoignent d’une volonté constante d’enrichir l’église tout en respectant son style.
Enfin, à l’extérieur, un buste commémoratif en pierre bleue d’Edmond Serneels, réalisé par le sculpteur Edmond De Valériola en 1935, rappelle l’importance de l’architecte dans l’histoire de l’édifice (Edmond Serneels / Art en espace public - Etterbeek – Inventaire du patrimoine mobilier). L’ensemble constitue un patrimoine homogène, cohérent et soigné, aujourd’hui protégé et reconnu pour sa valeur tant religieuse qu’artistique.
L’inventaire du patrimoine mobilier de l’église est actuellement en cours d’encodage. Les fiches accessibles pour l’instant sont principalement celles consacrées à la vaisselle liturgique, à la collection d’orfèvreries religieuses, ainsi qu’à certaines des pièces majeures du mobilier religieux.
SOURCES :
Inventaire du patrimoine architectural : Eglise paroissiale Saint-Antoine de Padoue – Inventaire du patrimoine architectural
Rapport historique de Marie-Pierre Dusausoy (Atelier d'architecture CAZ, 2019)
Crédits
La collection présentée sur le site régional est principalement le fruit d’une collaboration entre l’Établissement de culte de l’église Saint-Antoine de Padoue et la Région de Bruxelles-Capitale (Urban.brussels).
Origine des photos : Chaque photographie est assortie d’un copyright qui mentionne l’institution responsable ou l’auteur.
Création, recherches et rédaction des fiches d’inventaire : Toutes les fiches de la collection de la collégiale ont été créées par Fernand Schmetz (Établissement de culte), Adrien Dominique, Jarne Mombaerts, Muriel Muret et Noémie Petit (Urban).
Remerciements : Hanna Zaghbour (ouvrier de sacristie), Claudine Maes, Béatrice Sepulchre.
Infos pratiques
Place Saint-Antoine
02 647 74 46
secr.unite@upetterbeek.be
https://upetterbeek.be/
Sur monument.heritage.brussels
Retrouvez Eglise Saint-Antoine de Padoue sur
l'inventaire du patrimoine architectural.











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![Carte-vue Boulevard du Jubilé (Molenbeek-Saint-Jean) vue du Boulevard Léopold II, éd. F. Walschaerts (Bruxelles), s.d. [vers 1910-1920].<br>](https://collections.heritage.brussels/medias/66/objects/77/PAKA_DELC_408_RECTO.jpg)



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![Pierre Abattucci, Projet de carte de visite Compagnie générale des céramiques d'architecture, Quai à la Houille, 4 (Bruxelles), s.d. [vers 1900].<br>](https://collections.heritage.brussels/medias/66/objects/77/I_2025.017.jpg)




