Datation

Entre 1855 et 1900

Type d'objet

Style

Réalisme
luminisme

Dimensions

hauteur 42 cm — largeur 34 cm

Numéro d'inventaire

947

Identifiant Urban

39430
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Description

Franz Binjé, employé aux Chemins de Fer, aborde la peinture en autodidacte pendant ses loisirs. Suite à sa rencontre avec Hippolyte Boulenger (1837-1874), il se convertit la peinture de plein air. Il touche à la fois aux techniques de l’aquarelle, de l’huile et du pastel. En 1874, il rencontre et subit l’influence du peintre Henri Van der Hecht (1841-1901). Alors que son talent s’épanouit rapidement, il se libère de la technique trop appliquée et sage de son premier maître pour acquérir une plus grande liberté d’interprétation du sujet. Vers 1880, un voyage en Angleterre lui fait découvrir l’œuvre de Turner dont l’influence se fera surtout sentir dans ses aquarelles. Il devient membre de la Société royale belge des aquarellistes où il expose régulièrement. En 1881, il rejoint les jeunes artistes luministes de la Chrysalide et participe à la dernière exposition du cercle.

Cherchant inlassablement son inspiration au contact de la nature, Franz Binjé n’hésitait pas à braver le froid hivernal pour peindre sur le motif. Sur un chemin perdu dans la neige, marche un personnage chargé d’un fardeau. Les habitations d’un hameau apparaissent vers le centre du tableau et s’amenuisent ensuite rapidement jusqu’à disparaître derrière le relief. La gamme chromatique est limitée aux bruns et blanc. Franz Binjé fait preuve ici d’une grande maîtrise de l’aquarelle dont il parle en ces termes : 

« Je veux l’aquarelle réfléchie, construite d’avance dans le cerveau, en tant que grandes lignes, que sentiment, que symphonie, qu’impression d’ensemble, en un mot. 

C’est dire qu’on peut la traiter – alors – avec la lenteur, le soin et la perfection d’une peinture à l’huile, mais en ne la poussant pas aussi loin, comme on dit en argot d’atelier. [...]

Le tout est de faire œuvre d’artiste ; le style, le caractère, l’émotion, la pensée, le rêve produisent ce rayonnement indéfinissable, cette communication électrique qui, à travers l’œuvre, va de l’artiste qui crée à l’esthète qui regarde. [...] » (« L’aquarelle », Franz Binjé, L’Art Moderne, 28 décembre 1890).

Auteur : Association du Patrimoine artistique, C. Ekonomides, 2021

Sources

Sur l’œuvre :

LEMONNIER, C., Exposition Frantz Binjé, Cercle artistique et littéraire de Bruxelles, catalogue d’exposition, du 30 mars au 14 avril 1901, no 2, s.p.

Sur l’artiste :

« Exposition au Cercle, Franz Binjé », L’Art Moderne, 3 mars 1889, p. 68.

Referendum Artistique, L’aquarelle, Franz Binjé, L’Art Moderne, 28 décembre 1890, pp. 410,411.

MAUS, O., « Franz Binjé », L’Art Moderne, 20 mai 1900, p. 176.

LEMONNIER, C., « Frantz Binjé », L’Art Moderne, 7 avril 1901, pp. 123,124.

L’Art à Schaerbeek dans le passé. Exposition rétrospective de Peinture et de Sculpture, catalogue d’exposition, Cercle des arts, des sciences et des lettres de Schaerbeek, 1908, p. 6.

VANZYPE, G., L’Art Belge du XIXe siècle, Librairie nationale d’art et d’histoire, G. Van Oest éditeurs, Bruxelles et Paris, 1923, p. 36.

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