Datation

1920 (ca. (La gravure n’a pas été datée mais nous supposons qu’elle a été tirée dans les années 1920, quelque temps avant le décès d’Auguste Danse.))

Type d'objet

Matériaux

Dimensions

hauteur 35 cm — largeur 28 cm

Numéro d'inventaire

138

Identifiant Urban

78872
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Description

Louise Danse réalise le portrait de son père Auguste (1829-1929) au travail. Le graveur est ici représenté de profil, face à son chevalet, sur lequel il a commencé à esquisser une silhouette masculine. La gravure, qui a été produite selon le procédé de l’eau-forte, n’a pas été datée par son autrice, mais nous supposons qu’elle a été tirée dans les années 1920, quelque temps avant le décès de son « auguste » père. L’intérieur de l’atelier ucclois décoré de gravures et autres dessins sur ses murs permet à l’aquafortiste de créer un effet de mise en abyme, autrement dit, de « tableaux dans le tableau ». Bien entendu, il est laborieux d’identifier les œuvres esquissées, mais nous devinons des formes semblables aux Dunes, vers Systra et Ruisseau à Oostkerke (Knocke) gravés par Auguste Danse (ca. 1912).

Pourrait-on voir un hommage de Louise Danse à son apprentissage de la gravure ? Comme la formation de cet « art d’agrément » l’exigeait pour les femmes, elle a réalisé bon nombre de gravures dites de reproductions, comme Dans l’atelier (d’après Alfred Stevens) (s. d.).

Louise Danse a pu mener une carrière professionnelle dans un milieu artistique éminemment masculin à la faveur d’un environnement familial, puis marital, qui ne peut être omis. En effet, filles d’Auguste Danse et d’Adèle Meunier (1826-1899), Louise et sa sœur ainée Marie (1866-1942) figurent parmi les premières femmes à se former à la gravure à l’Académie des Beaux-Arts de Mons, dont l’institution est alors dirigée par leur père. Par la suite, Marie et Louise épousent respectivement les hommes politiques et de lettres Jules Destrée (1863-1936) et Robert Sand (1876-1936).

Louise Danse a portraituré au moins à deux reprises son père à l’atelier (Portrait d’Auguste Danse, s. d. ; Auguste Danse au travail, s. d). La commune d’Uccle conserve trois tirages de ce dernier. Les deux premiers se trouvaient par le passé accrochés à la Justice de Paix à l’Échevinat du Troisième Âge. La troisième a rejoint la Collection à la suite d’un don en 2000.

Auteur : Association du Patrimoine artistique, T. A. Besnard, 2024

Sources

Sur l’œuvre :

Archives de la Commune d’Uccle – Boîte CCU-8-11 « Œuvres d’art DONS – 2000-2011 ».

Sur l’artiste :

 DUPIERREUX, R. « Auguste Danse, à Knocke », in Revue Wallonia, n°20, 1912, p. 460-479.

CREUSEN A. Femmes artistes en Belgique, XIXe et début XXe siècle, L’Harmattan, Paris, 2007.

FOUCHER ZARMANIAN, C. « "Aux femmes surtout la gravure". La reproduction dans l’œuvre de Marie (1866-1942) et Louise Danse (1867-1948), artistes symbolistes », Nouvelles de l’estampe, 249, 2014, en ligne : https://journals.openedition.org/estampe/662, consulté le 26 novembre 2024.

PIETTE, V., RASSART-DE BERGH, M. « Danse, Marie », in Dictionnaire des femmes belges. XIXe et XXe siècles, Racines, Bruxelles, 2006, p. 133-134.

« Chronique d’art - de Bruxelles. Au Salon de l’estampe », in L’Art Flamand et Hollandais. Revue mensuelle illustrée, t. 13, janv.-juin 1910, p. 35.

Crédits

Discussion