Datation

1924

Type d'objet

Style

luminisme
post-impressionnisme

Inscriptions

"Oswald Poreau" (peint, en bas à gauche)
"1924" (peint, en bas à gauche)

Dimensions

hauteur 89 cm — largeur 108 cm

Numéro d'inventaire

228

Identifiant Urban

38779
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Description

Vision dantesque. Dans un déluge d’ombres et de fumées aux tons acier sombre, rugit une fournaise rouge-orange à l’intérieur d’un bâtiment industriel, dont on devine la silhouette. C’est le tonnerre nocturne que provoque La Coulée. Du côté droit, arrive une locomotive dont le panache a pris les teintes de l’enfer ; elle approche sur les rails luisants. Le contraste entre ces lignes dures du métal et l’abondance des vapeurs reflète la description que faisait Charles Bernard (Maufras 1957) de l’œuvre d’Oswald Poreau : « Il a trouvé (…) des tons d’une délicatesse exquise, des pâtes d’une onctuosité légère, des dosages d’une telle finesse qu’on se croirait transporté dans l’irréel, si la fermeté des lignes, la vigueur des structures qu’on sent partout présentes sous les fantasmagories de l’éclairage, n’accusaient une réalité tangible, certaine, mais haussée à la qualité d’un rêve ».

Oswald Poreau, né à Schaerbeek, fut un peintre de paysages, de sites industriels, de fleurs et de portraits. Avant de s’inscrire à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, il débuta sa formation en 1894 auprès du paysagiste Joseph Quinaux (1822-1895) qui l’engagea à aller peindre sur le motif, une pratique fondatrice et continue dans l’œuvre de Poreau.

Ses paysages industriels reproduisent les fortes émotions que cet environnement suscitait en lui depuis l’enfance (Maufras 1957). En effet, il avait passé toutes ses vacances chez son oncle, maître de forges à Marchienne-au-Pont, et était resté très marqué par les hauts fourneaux, les laminoirs, les coulées d’acier. Devenu adulte, un soir de 1906 ou 1907, son train passe devant l’usine de Willebroek alors que l’on défourne le coke. Les souvenirs d’enfance resurgissent et Poreau ira installer son chevalet dans le pays industriel.

On retiendra les nombreuses participations de Poreau aux Salons triennaux et sa grande exposition à la maison communale de Schaerbeek en 1952. Il fut fort apprécié par la famille royale, en particulier par la reine Elisabeth.

Auteur : Association du Patrimoine artistique, D. Tonglet, 2021


Sources

Archives communales de Schaerbeek, (Patrimoine artistique, XIII.A.02.S01.D108).

MAUFRAS, S. (éd.), Le peintre Oswald Poreau, Bruxelles, 1957, s.n. (avec illustration de La coulée).

WILLIOT, G., Opération "Musées" : Maîtres Schaerbeekois (1re Série). Exposition 15/05/1959 – 31/05/1959, la maison Communale de Schaerbeek, Bruxelles, 1959, cat. 26.

PAS, W. et T., Biografisch lexicon plastische kunst in België. Schilders, beeldbouwers, grafici, 1830-2000, Anvers, 2000, p. 240.
Crédits

Discussion