Datation

Entre 1906 et 1968

Type d'objet

Lieu de création

Bruxelles

Dimensions

hauteur 25 cm — largeur 15 cm

Numéro d'inventaire

1377

Identifiant Urban

39817
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Description

En 1896, Anne-Pierre de Kat s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de la Haye en section dessin et sculpture et entre ensuite comme apprenti à Delft dans l’atelier du sculpteur Manfred Ode (1878-après 1948). En 1901, il poursuit sa formation de sculpteur en Belgique, d’abord à l’Académie des Beaux-Arts de Gand, puis à celle de Bruxelles dans la classe de Charles Van der Stappen (1843-1910). En 1902, de Kat quitte l’enseignement académique pour se former seul. En 1905, il débute sa carrière artistique en tant que sculpteur à la galerie Boute et aux Indépendants, à Bruxelles. Dès 1906, il aborde la peinture, le dessin et la gravure, en s’inspirant de la nature et de peintres aussi divers qu’Oleffe, Evenepoel et Van Gogh. En 1908, il découvre à Paris l’œuvre de Matisse, Derain et de Vlaminck. De retour en Belgique, subissant leurs influences, l’artiste peint dans le style fauve. Engagé volontaire en 1914, il rejoint en 1916 la Section artistique de l’armée belge en campagne, à La Panne. Il réalise alors plusieurs œuvres témoignant du conflit. Après les hostilités, Anne-Pierre de Kat expose régulièrement à Bruxelles et à Anvers.

Femme debout est d’un graphisme très particulier que l’on retrouve dans d’autres aquarelles d’Anne-Pierre de Kat de la même période. Cette œuvre appartenait à l’ancienne collection du mécène et collectionneur François Van Haelen (1872-1939). Quelques traits de pinceau esquissent la silhouette d’une femme dans un intérieur. Les formes naissent d’un accord de traits et de surfaces colorées. Les lignes anguleuses de la silhouette s’équilibrent harmonieusement avec les motifs arrondis japonisants qui suggèrent un paravent. Cette diversité d’écriture picturale rythme l’œuvre et lui confère un attrait particulier. Anne-Pierre de Kat utilise ici un langage pictural décoratif, fortement simplifié, dont le caractère abstrait dépouille le personnage de son identité particulière. Dans cette œuvre, l’artiste semble appliquer la devise de son artiste de prédilection, Henri Matisse (1869-1954), dont il appréciait particulièrement les écrits :  

« L’expression, pour moi, ne réside pas dans la passion qui éclatera sur un visage ou qui s’affirmera par un mouvement violent. Elle est dans toute la disposition de mon tableau : la place qu’occupent les corps, les vides qui sont autour d’eux, les proportions, tout cela y a sa part ». (H. Matisse, Notes d’un Peintre, La Grande Revue, Paris, 25 décembre, 1908, p. 733).

 

Auteur : Association du Patrimoine artistique, C. Ekonomides, 2021

Sources

Sur l’artiste :

BERNARD, Ch., « Anne-Pierre de Kat », La nation belge, 16 novembre 1926, s.p. 

« Anne-Pierre de Kat », Nieuwe Rotterdamsche Courant, 1er décembre 1933, s.p. 

CASO, P., « Anne-Pierre de Kat », Le Soir, 2 mai 1941, s.p. 

CASO, P., « Anne-Pierre de Kat », Volonté, 4 novembre 1949, s.p. 

CASO, P., Anne-Pierre de Kat, Une vive intelligence visuelle, Les Éditeurs d’Art Associés, Bruxelles, 1983.

Hommage des collectionneurs privés au peintre Anne-Pierre de Kat, catalogue d’exposition, Province du Brabant, Rouge-Cloître, du 13 octobre au 15 novembre 1992.

Anne-Pierre de Kat, catalogue d’exposition, Ville de Bruxelles, Hôtel de Ville, du 9 au 31 mai 1987.

GOYENS de HEUSCH, S., L'impressionnisme et le fauvisme en Belgique, Fonds Mercator/Albin Michel, Anvers-Paris, 1988, pp. 324, 336, 344, 356, 358, 364 et 394-396.

NARDON, A., À la Rencontre de Anne-Pierre de Kat au Musée Félix De Boeck, catalogue d’exposition, Musée Félix De Boeck, Drogenbos, du 30 août au 13 décembre 1998.

Crédits

Discussion