Emplacement

Non exposé

Datation

s.d. (ca 1929)

Type d'objet

Techniques

Inscriptions

"Attelage du Char St. Antoine / Groupe XII - Section 4 / N°1486 à 1489" (en haut à gauche)
"Ommegang * Oppidi * Bruxellensis" (cachet apposé à droite derrière le personnage)

Dimensions

hauteur 44 cm — largeur 55 cm

Identifiant Urban

108892
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Description

Cet unique dessin qui nous reste de Combaz témoigne de sa participation à l’Ommegang de 1930. Il montre trois chevaux richement caparaçonnés, au chef emplumé, suivis d’une créature fantastique. Celle-ci emprunte beaucoup à l’univers de François Desprez, auteur des Songes drolatiques de Pantagruel, paru en 1565, où les personnages au corps anthropomorphe exhibent des parties de poissons, de singes et d’oiseaux. Ces créatures composites sont plus cocasses que réellement terrifiantes. Combaz, dont l’érudition était grande, a dû prendre un grand plaisir à exécuter le char de l’univers de saint Antoine, peuplé d’animaux monstrueux, où "les sept péchés capitaux viennent tour à tour tenter l’ermite qui résiste à toutes les séductions". Notons que le nombre de chevaux présents dans le cortège s’élevait à 461. 

Gisbert Combaz étudie le droit à l’Université libre de Bruxelles dont il sort en 1891 avec le titre de docteur. Deux ans plus tard, il s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Sa carrière est marquée par divers centres d’intérêt : le dessin, l’enseignement, la recherche et l’Orient. Ainsi, de 1898 à 1939, Combaz est professeur à l’École des Arts décoratifs et industriels d’Ixelles et, entre 1912 et 1940, professeur de composition décorative à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Sinologue réputé, il publie, dans les années 1930, conjointement avec René Grousset, Henri Maspero et Paul Pelliot, nombre de publications sur l’art asiatique, principalement de Chine et du Japon. Auteur d’affiches, de couvertures de livres, de cartes postales, de lithographies, créateur de mobilier, il développe un style personnel, extrêmement reconnaissable par ses références à la calligraphie et aux estampes japonaises. L’influence du cloisonnisme et du pointillisme y est également perceptible. En 1934, il fonde la Société belge des Etudes orientales (il en est le premier président), afin de pallier le manque de connaissances du public dans le domaine. Fin connaisseur de grands maîtres de l’estampe comme Hokusai et Hiroshige, il est capable, à leur exemple, d’exprimer le maximum avec un minimum de moyens. Possédant un grand sens de la couleur, il donne à chacune de ses compositions une palette limitée, soigneusement choisie, leur conférant ainsi un caractère de parfaite homogénéité. Pour l’Ommegang de 1930, c’est à lui qu’est confié le char des Tentations de saint Antoine, où il fait montre de ses qualités habituelles (et de ses grandes connaissances en matière de peinture et de gravure de la fin du XVe et du début du XVIe siècle) non sans user de facétie et de dérision.

Auteur : J.-P Heerbrant
Crédits

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