Datation

1919

Type d'objet

Matériaux

Style

réalisme

Lieu de création

Schaerbeek (?)

Inscriptions

"V. De Haen" (face avant de la terrasse)
"FONDERIE NATle DES BRONZES/ANC ne FIRME J. PETERMANN/ ST GILLES-BRUXELLES" (face latérale gauche de la terrasse)

Dimensions

hauteur 180 cm
hauteur 210 cm (avec socle)

Identifiant Urban

70259
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Description

Initialement, Victor De Haen avait soumis deux projets de figures de pompiers, l’un au repos, l’autre au travail,  destinés à être exécuter en bronze pour orner les socles en pierre des balustrades des deux cours basses latérales de l’hôtel de ville de Saint-Gilles. Nous étions alors à la sortie de la Première Guerre mondiale et l'idée d'honorer le corps des pompiers durant le conflit par une statue a sans doute contribué au choix du sujet. On lit dans le rapport adressé par Louis Morichar au Conseil communal en date du 30 juillet 1918, que les deux projets avaient reçu un avis favorable de la part de l’architecte Albert Dumont (Neufchâtel 1853 – Saint-Gilles 1920). La Section des Beaux-Arts du Conseil ne retint que l’une d’elles, celle du pompier en action pour la cour nord-est, près de l’entrée du service de la police communale. Dans son contrat avec la commune, l’artiste devait livrer une esquisse en terre qui servirait à la réalisation d’un moulage en plâtre en dimension réduite, puis une version à échelle définitive pour être fondue en bronze. Pour le travail, De Haen reçut 8 000 francs, payés en trois annuités et sous la restriction d’abandon de tout droit de propriété sur l’œuvre.
La commune prit à ses frais le prix du bronze et la mise en place de la statue. Le 17 décembre 1919, le gouverneur de la Province de Brabant faisait connaître au collège communal la décision de la Députation permanente d’allouer un subside à hauteur de 10% du prix de la statue, soit 800 francs. Pour la réalisation, De Haen aurait pris pour modèle l’architecte Paul Hamesse (1877-1956), qui a longtemps habité à Saint-Gilles. On le reconnaît à son nez droit et fort, à son menton proéminent et à sa moue sévère.

Victor De Haen est un sculpteur peu connu. Élève à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, il n’obtint jamais de prix et demeura un artiste de second rang au sein de l’école de sculpture belge de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Son œuvre évoque, par divers aspects, l’art de Constantin Meunier (Etterbeek 1831 – Ixelles 1905), de Jef Lambeaux (Anvers 1852 – Bruxelles 1908) ou d’Egide Rombaux (Schaerbeek 1865 – Uccle 1942). Toutefois, il lui est arrivé de concevoir des sculptures audacieuses et originales comme Le Palmier ou le Martyr (1898, bronze, Bruxelles, Jardin Botanique), le monument en bronze d'Antoine Wiertz à Dinant (1908) et le monument commémoratif À nos héros au cimetière d’Etterbeek (disparu ?). Sans doute, Bruno Fornari (1990) ignorait-il la statue de Saint-Gilles, lorsqu’il mentionne qu’aucune création d’importance, c’est-à-dire aucune commande publique significative, n’est à mentionner au cours des années qui séparent la fin de la Première Guerre mondiale et l’année de la mort du sculpteur. Le Pompier vient contredire cette suggestion.  

Auteur : Association du Patrimoine artistique, A. Jacobs, 2021


Sources

Archives communales, Rapport au Conseil n° 53 et correspondance

DEJEMEPPE, P., Les sculptures de la façade de l’hôtel de ville de Saint-Gilles, Saint-Gilles, 2019, n° 20.

Sur le sculpteur, FORNARI, B., « De Haen, Victor », in La Sculpture Belge au 19ème siècle, Bruxelles, Général de Banque, 1990, II, p. 340-341
Crédits

Discussion